Au sujet des violences sexuelles et de l’inceste

©Andrew Rovenko

Parler des violences sexuelles aux enfants : pas si simple...

“ Ce sujet nous renvoie à nos propres craintes, à nos tabous, à des freins liés à notre éducation. On craint de mal en parler, on peut aussi ne pas être clair soi-même quant à la législation, aux interdits et aux termes, on craint de “perturber” l’enfant avec des mots liés à la sexualité et aux violences sexuelles. Mais une chose est sûre : il est préférable de parler un peu de ce sujet à un.e enfant, et peut-être même de façon un peu maladroite, que de ne pas en parler du tout.

Former une chaîne d’adulte qui s’intéresse à la protection de l’enfance, à sa parole, c’est lui montrer qu’il n’est pas seul s’il lui arrive quelque chose ou s’il vit ou a vécu des choses douloureuses. Cela lui permet d’identifier en amont des adultes vers qui il pourra se tourner s’il en éprouvait le besoin. Ce qui est un gain de temps et de confiance précieux. ”

Coralie Diere,

psychologue clinicienne protection de l’enfance

Scaphandre : comment sortir de l’eau ?

Cette histoire initiatique a pour héros des enfants victimes de violences incestueuses. Ils sont chacun lourds de trop lourds secrets mais ils s’en sortent grâce à un détour par l’imaginaire et le jeu, au final libérateurs de paroles à des adultes aidants. Sans donner une résolution unique, cette histoire suggère des solutions vers un mieux-être et une sortie de la solitude inhérente au secret.

L’écriture délicate de Julie Rossello Rochet, l’univers déployé sur scène (ludique et à hauteur d’enfant) ainsi que l’approche chorégraphiée de la plongée sous-marine, emportent les jeunes spectateur.ice.s avec légèreté dans l’histoire de June et Simon et leur ouvre des possibles. Andréa Bescond dans “Si on parlait”, nous dit que le mot enfant vient du latin « Enfans » et signifie « Celui qui ne parle pas ». Dans Scaphandre, June et Simon parlent... l’impossible devenant possible.

Scaphandre est un spectacle dont le ton et le jeu s’adaptent à l’âge du public présent ; selon qu’il s’agit de classes de primaires (à partir du CM1) ou de collégien.ne.s (jusqu’à la 4ème).

Quelques chiffres (d’après la CIIVISE*)

160 000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles en France.

5, 5 millions de femmes et d’hommes ont été victimes de violences sexuelles dans leur enfance ; soit une personne sur dix.

Toutes les trois minutes, au moins un enfant subit ce type de violences en France.

Le devoir de signalement

Toute personne témoin ou soupçonnant un enfant en danger ou risquant de l’être doit signaler les faits. Il peut s’agir d’un particulier ou d’un professionnel (assistant.e social.e, médecin...). Il convient, au préalable, de ne pas informer les parents afin d’éviter de mettre en danger l’enfant en communiquant aux parents ses révélations.

En tant qu’enfant, vous pouvez également signaler vous-même votre situation ou celle d’un autre enfant que vous connaissez. Le signalement peut être anonyme, qu’il soit fait par courrier ou par téléphone.

Le devoir de tout adulte est de protéger les enfants

* CIIVISE : Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants

Qui contacter ?

Sur le net :

Association l’Enfant Bleu - Lutte contre l'enfance maltraitée :

https://enfantbleu.org

Au téléphone :

Police nationale (gratuit) : 17

Enfants en danger (confidentiel et gratuit) : 119

Écoute maltraitances - L’Enfant Bleu : 01 56 56 62 62

N° de la CIIVISE (appel anonyme et gratuit) : 0 805 802 804

Lieux dans chaque département :

Pour les victimes et co-victimes de violences intrafamiliales :

La Maison de Protection des Familles (MPF)

Pour les 11-25 ans :

La Maison des adolescents

©Wim Wender, Alice dans les villes